Le Comité de Savoie tient à féliciter Anthony Masset, licencié du TT Albertville et responsable de la Commission Sportive du CD73, pour l’obtention du diplôme de Juge Arbitre 3 !
Merci Anthony pour ton engagment !
Vous trouverez ci-dessous l’interview de notre JA3 ainsi que l’article apparu sur le Dauphiné Libéré mardi 1 Avril :
Tout d’abord, qu’est-ce qu’un Juge-Arbitre au tennis de table ? Quel est son rôle ?
Les gens font souvent la confusion entre arbitre et juge-arbitre.
L’arbitre est un officiel de la partie, qui arbitre une partie entre 2 joueurs ; il peut y en avoir plusieurs sur une compétition.
Le Juge-Arbitre est un officiel de la compétition, qui est le garant du bon déroulement de celle-ci de A à Z, tant en termes d’organisation, d’horaire, que de réglementation.
Il doit également préparer la compétition en amont, remonter les résultats en fin de compétition, et être l’interlocuteur des organisateurs.
C’est lui qui a le plus haut grade dans le gymnase, et peut être considéré comme le « chef d’orchestre » de la compétition. Il est aussi habilité à trancher des situations et à prendre des sanctions vis-à-vis des joueurs ou coachs.
En fonction du niveau auquel il opère, il pourra être assisté d’un ou plusieurs juge-arbitre-adjoint (JA Responsable des épreuves ou JA Responsable des Arbitres).
Comment t’es venue l’idée de passer de joueur à la table à Juge-Arbitre derrière la table ?
J’avais déjà passé mon diplôme de Juge-Arbitre 1 qui me permet de gérer les matchs par équipes tout en jouant, donc j’avais déjà un pied dans le monde du juge-arbitrage d’une certaine façon.
Après la crise Covid 19 et dans une période de reprise pendant laquelle j’ai constaté que je ne progressais plus à la table et me faisait moins plaisir àjouer, mon collègue au bureau du TTA, Daniel Maupuy, (Responsable de la Commission Arbitrage en Savoie et membre de la Commission Régionale de l’Arbitrage de la Ligue AURA), m’a proposé de suivre la formation de JA2 avec lui, car le Comité de Savoie n’avait plus de juge-arbitre pour organiser ses compétitions.
Comme j’avais du temps sur le plan personnel, je me suis lancé dans l’aventure et ai adoré la formation !
Dans le même temps je m’occupais des compétitions en Savoie en attendant de valider mon diplôme.
J’ai eu la chance d’avoir des formateurs de grande qualité, parmi lesquels Laurent Seguin, qui a été mon formateur JA2 puis JA3 et qui m’a épaulé sur nos compétitions en Savoie sur ces 3 dernières années : j’ai pu profiter à chaque fois de son expertise ; il pointait du doigt les choses à améliorer et j’avais à cœur de faire encore mieux sur la compétition d’après ! Cela m’a permis de prendre de renforcer mes compétences techniques, mais aussi de développer des compétences plus liées à la psychologie et la prise de recul nécessaire au Juge-Arbitre.
Tu as obtenu le grade de Juge-Arbitre 3, où est-ce que ça te place dans la hiérarchie des Juges-Arbitres de tennis de table ?
Il y a plusieurs grades de juges-arbitres dans le tennis de table, en fonction du type de compétition :
- Le Juge Arbitre 1 gère les rencontres du championnat par équipes, le samedi.
Il en faut plusieurs dans les clubs pour le bon déroulement des rencontres, c’est pourquoi c’est le premier diplôme que j’ai passé quand j’ai été tout juste majeur, afin de rendre service à mon club.
- Le Juge-Arbitre 2 est nécessaire pour organiser le Critérium Fédéral, compétition individuelle phare dans notre sport, ou pour assister un JA3 sur des épreuves régionales.
- Le Juge-Arbitre 3 est le grade qui suit le JA2 en renforçant les compétences et permettant d’organiser tout type de compétition départementales, régionales ou de zone (Quart Sud-Est France).
Il permet également d’assister un JA-National sur des épreuves nationales, et de gérer tout type de tournoi officiels homologués organisés par les clubs.
Tu es le seul JA3 en activité sur la Savoie, et le 2eme plus jeune sur les 25 JA3 que compte la Ligue Auvergne Rhône-Alpes, qu’est-ce que cela t’inspire ?
De la fierté, forcément ! La satisfaction d’avoir réussi avant mes 30 ans un examen reconnu qui demande en général beaucoup d’expérience sur le terrain et une prise de recul qui s’acquière avec l’âge (c’est pourquoi la moyenne d’âge des JA3 est plutôt autour des 50-60 ans).
L’investissement consacré au cours de ces 3 dernières années à officier sur les différentes compétitions a payé, et ça c’est cool et motivant pour la suite !
Mais seulement 25 JA3 sur une grande région Auvergne-Rhône-Alpes qui compte plus de 20 000 licenciés, c’est trop peu !
Je peux comprendre que la majorité des joueurs préfèrent jouer en compétition plutôt que de les organiser, mais il me semble important de promouvoir l’arbitrage et le juge-arbitrage auprès de tous afin d’avoir un réseau solide de juge-arbitre pouvant se répartir la charge de travail.
Est-ce que tu vises encore plus haut ?
A court et moyen terme, il sera compliqué de viser plus haut.
En effet, il faut acquérir une solide expérience de juge-arbitre au niveau régional et en tant qu’adjoint dans différents rôles sur des compétitions nationales, se confronter et apprendre à gérer des multitudes de cas et de situations, avant de seulement envisager de passer le diplôme de Juge-Arbitre National.
Il faudrait également que je passe mon diplôme d’Arbitre National (je suis « seulement » Arbitre Régional), condition sine qua none pour se présenter au diplôme du JAN.
C’est quelque chose qui m’intéresse à l’avenir, mais chaque chose en son temps, d’autant plus que j’ai d’autres projets personnels à court terme.
Qu’est-ce que tu aimes dans la fonction de juge-arbitre ?
L’aspect organisationnel déjà : la compétition se prépare bien en amont, en se renseignant sur le règlement de l’épreuve, sur la disposition de la salle, le nombre de tables disponibles, les horaires à respecter… Il faut être très « carré » et faire attention aux détails dans la préparation, car cela va conditionner le bon déroulé de celle-ci.
Il y aura toujours des imprévus (joueurs absent le matin de la compétition, problème sur les tables), mais une bonne préparation rendra gérable tous ces petits événements.
J’aime l’aspect règlementaire des compétitions et la gestion des tableaux.
J’aime l’aspect pédagogique auprès des plus jeunes joueurs et des parents, pour leur expliquer les règles de la compétition et répondre à leurs interrogations.
Et j’aime quand les joueurs viennent nous remercier à la table de juge-arbitrage après une compétition, parfois même ceux qui étaient sceptiques ou pas contents sur la formule de la compétition au départ !
Tu as déjà rencontré des difficultés dans l’exercice de tes fonctions ? Quelles sont-elles ?
Il est quasiment impossible qu’une compétition se déroule sans accrocs. D’où la nécessité d’une bonne préparation de sa compétition : le sportif s’entraine avant de jouer, le juge-arbitre prépare sa compétition.
Comme les journées de compétition sont très denses (souvent de 7h30 à 19h), il arrive forcément un moment où le cerveau « décroche » un peu. C’est là où il faut redoubler de vigilance avec l’équipe de la table du JA pour éviter les erreurs d’étourderie qui peuvent vite mettre le bazar dans un tableau, et ça devient alors le stress !
Une erreur sur la fiche de partie est vite arrivée, d’où la nécessité d’avoir plusieurs paires d’yeux à la table JA pour se contrôler !
Comme le planning de la compétition est souvent chargé, le temps pour retrouver son erreur ou modifier est restreint, pour autant il ne faut rien faire dans la précipitation et toujours revenir aux bases. Je garde en tête une phrase de notre formateur JA2-JA3 qui prend alors tout son sens dans ce genre de situation : « un Juge-Arbitre doit savoir se dépêcher doucement ».
Si un projet/rêve fou pouvait se réaliser dans le futur, lequel ça serait ?
Dans la mesure où je n’atteindrai jamais le niveau pour affronter les frères Lebrun en compétition, je dirai pouvoir les juge-arbitrer sur un championnat de France, qui serait organisé dans une Halle Olympique d’Albertville pleine à craquer ! Je suis certain qu’il y aurait une belle ferveur pour le tennis de table dans notre cité olympique !